Mise en situation
L'ordinateur devrait occuper une grande place dans l'enseignement?
Les éléments contre
- L'ordinateur limite les contacts sociaux, il est difficile de bien développer une relation pédagogique, de compassion ou de compréhension avec un outil informatique.
- Les compétences informatiques ne sont pas développées de la même manière chez tous les élèves, ce qui amène une gestion difficile de l'apprentissage. Certains possèdent un ordinateur chez eux, d'autres pas.
- Généralement l'outil informatique (contrairement au point cinq des sept indicateurs de valeur pédagogique ajoutée) diminue la coopération qu'il pourrait y avoir entre les élèves. Chaque élève est devant son écran, les apprentissages sont plus individualistes. [NdlR : attention, je ne dis pas que ce phénomène n'existe pas dans une classe « habituelle », lors des travaux individuels, par exemple]
- L'ordinateur est associé au loisir chez l'élève. Or, la pédagogie, jusqu'ici, ne constitue pas une partie de Final Fantasy ou plus simplement, de Tetris. :)
- Les informations sont peu valides sur le Net. [NdlR : Mais wikipedia est presque aussi fiable que Britannica.]
- La gestion de classe s'avère difficile : comment savoir, sur un groupe d'ordinateurs donné, si tous s'atellent bien à la tâche demandée? [NdlR : certains outils existent pour surveiller le tout à distance - viennent ensuite les questions de confidentialité de l'information et la liberté d'expression]
- La réforme demande l'utilisation des TICS.
- On peut amener l'élève à croire que l'ordinateur substitue les ressources d'une bibliothèque. Évidemment pas!
(Internet, malgré tout, se veut de plus en plus près d'une bibliothèque virtuelle. Rappelons d'abord l'intervention de ma collègue Julie Vézina, qui s'étonnait, le 19 septembre dernier, des services de pragmatices.Les éléments pour
J'aimerais rappeler que google a le projet gigantesque de permettre l'accès à quinze millions de livres. Projet toutefois ralenti par la pression européenne. Vous souhaitez un aperçu? C'est ici, en version beta.
Mais pour la forme, l'amour, l'honneur, mon coeur va au projet Gutenberg, un wiki qui s'occupe de diffuser les livres dont le copyright est expiré aux États-Unis. On y trouve en version intégrale 19 000 livres, dont une bonne collection en français.
Notons aussi que la bibliothèque nationale de France a numérisé plus de 50000 manuscrits (rien qu'en langue française... sinon il y en a beaucoup plus!), accessibles en ligne, au grand plaisir du patrimoine culturel de l'humanité (oui, je me permets la personnification!).
Enfin, grâce à stumble upon (ah! la magie du Web 2.0!), je suis tombée sur cette page australienne, qui recense habilement la majorité des bibliothèques virtuelles offrant des livres gratuits.
Maintenant, une question qui brûle toutes les lèvres : comment peut-on distribuer gratuitement des livres sur le Web malgré l'oppressante pression du lobbying en faveur des droits d'auteurs? C'est qu'heureusement et que techniquement, après un laps de temps donné, une oeuvre est considéré comme faisant partie du patrimoine de l'humanité. Au Canada et aux États-Unis, c'est 50 ans. Dans l'Union Européenne : 70 ans + les quatorze ans d'années de guerre + 272 jours. En France, les paramètres de l'UE sont de rigueurs et une clause ajoute 30 ans de droits d'auteurs si l'auteur est mort pour la France (je ne fouille pas la législation, on me décrira je l'espère plus en détails cette forme de patriotisme).1
Il est à noter (et je fustige ce fait) que certaines compagnies (Disney) font pression pour obtenir une extension dans leurs droits d'auteur. Ainsi, certains personnages, comme Mickey Mouse, qui techniquement feraient maintenant partie du patrimoine de l'humanité - avec raison d'ailleurs - bénéficient de droits d'auteur étendus. Voir à ce sujet le Copyright Term Extension Act.
Heureusement des organismes comme la Creative Commons (et plus largement le mouvement open source) suggèrent une alternative face à l'emprise commerciale et encouragent la réappropriation du savoir et de la culture pour et par l'Humain.
Bon, je me suis éloignée!)
- L'informatique est omniprésente dans notre société et l'élève, s'il souhaite s'adapter au marché du travail, il doit être en mesure d'utiliser ces outils.
- L'informatique est un outil plus visuel. Il permet de mieux illustrer ses propos.
- On ne coupe pas d'arbres pour lire un texte sur l'ordinateur. [NdlR : ne croyez pas, par contre, que les ordinateurs sont exempts de contaminants toxiques pour l'environnement, bien au contraire, ils contiennent plusieurs métaux lourds.)
- La tâche de l'enseignant peut être facilitée grâce à l'introduction d'outils informatiques. Internet est une bibliothèque complète de matériel didactique (ce qui est heureux).
- La recherche est nettement facilitée par les banques de données que peut contenir un ordinateur (ou un serveur, quant à moi) [NdlR : j'aime beaucoup Repères et Eureka, que j'ai utilisé abondamment lors de mes études collégiales pour trouver nombres d'articles illustrant propos et travaux - le service est payant, mais disponible gratuitement dans la plupart des bibliothèques].
- Le courriel est un moyen d'interaction intéressant.
- Les TICS amènent une diversification des activités d'apprentissage, diversification nécessairement positive.
- On peut travailler la coopération grâce aux TICS, par exemple en jumelant un élève faible et un élève fort [NdlR : et dans une classe « ordinaire », sans TICS, on ne peut pas?].
- Dans un contexte d'enseignement du français langue seconde, on pourrait créer des laboratoires de phonétique grâce à des outils informatiques [NdlR : la bonne vieille méthode, sur ce point, revient selon moi beaucoup moins cher que l'achat d'haut-parleurs, de micros, de logiciels spécialisés - je ne parlerai pas des dérapages dans mes essais de Dragon Naturally Speaking].
- Internet amène sans contredit une ouverture sur le monde, sur les autres cultures, bref, un intéressant multiculturalisme.
Les nuances
Il semblerait que ce ne soit pas tant l'ordinateur qui soit un problème que l'accès à Internet. Il reste relativement difficile (malgré le développement des pare-feu et des contrôles parentaux) de limiter l'accès aux élèves à des sites à caractère pornographique, raciste ou violent. Au contraire, le contrôle d'un ordinateur qui n'est pas branché reste beaucoup plus évident. [NdlR : Pourquoi ne pas simplement développement un réseau intranet au sein de l'école? On pourrait ainsi conserver l'avantage de certains outils communicationnels, tel le forum et même le courriel interne, sans toutefois permettre l'accès à des sites au contenu douteux. Nécessairement, j'avoue les limites d'un réseau local.]
Il faut aussi bien comprendre que l'ordinateur ne remplacera jamais l'enseignant. L'ordinateur n'est pas un pédagogue. Et la grande toile, au surnom trompeur, est loin d'être structurée. On doit d'abord considérer les TICS comme des outils parmi tant d'autres et ne devrait pas être considéré comme une fin en soi. Les tableaux verts - ou noirs - ne seront pas abolis d'aussi tôt.
1WIKIPÉDIA. "Droits d'auteur". [En ligne] http://fr.wikipedia.org/wiki/Copyright
(Page consultée le 27 septembre 2006)
Libellés : Éditorial, Enseignement

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